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L'ÉPIDÉMIE DE VIH/SIDA AU CANADA

 

VIH/sida Actualités en épidémiologie

Agence de la santé publique du Canada, Novembre 2007

www.phac-aspc.gc.ca/hast-vsmt/

 

Le VIH/sida chez les jeunes au Canada

Les jeunes représentent une petite proportion du nombre total de cas de VIH et de sida déclarés au Canada.  Les personnes qui ont entre 10 et 24 ans représentent 3,4 % des cas cumulatifs de sida. Pour ce qui est des rapports de test positifs du VIH, les jeunes de 15 à 19 ans représentent 1,5 % de tous les rapports. Malgré ces faibles proportions, les données sur les comportements à risque des jeunes au Canada montrent les potentialités de transmission du VIH.

 

Une étude nationale a montré qu’environ 50 % à 60 % des élèves de 9e et de 11e année pensent qu’un vaccine est disponible pour prévenir le VIH/ sida. La même enquête a trouvé que 36 % des élèves de 11e année pensent qu’il existe un traitement contre le VIH/sida.

 

Les données d’études ciblées montrent que les jeunes de la rue, les jeunes qui s’injectent des drogues et les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes sont particulièrement vulnérables au VIH.

 

Il faut mettre en oeuvre tout un éventail d’activités de prevention pour aider à réduire au minimum le risque de transmission du VIH chez les jeunes.

 

 

 

Le VIH/sida chez les femmes au Canada

Au Canada, au 31 décembre 2006, 1 866 cas de sida et 9 569 cas d’infection à VIH avaient été signalés chez les femmes adultes.

 

Les femmes représentent une proportion croissante des rapports de tests positifs pour le VIH au Canada et comptaient 27,8 % des rapports en 2006.

 

Les contacts hétérosexuels et l’injection de drogues constituent les deux principaux facteurs de risque d’infection à VIH chez les femmes.

 

 

 

 

 

Le VIH/sida chez les personnes âgées au Canada

 

Au 31 décembre 2006, 12,2 % (2 525) de tous les cas déclarés de sida étaient survenus chez des personnes de 50 ans ou plus.  La proportion des rapports annuels de test positifs pour le VIH concernant des personnes de 50 ans ou plus a passé de 7,6 % au cours des années 1985-1998 à 13,8 % en 2006.

Les contacts sexuels constituent le principal facteur de risque d’infection à VIH chez les personnes âgées au Canada. En 2006, la catégorie d’exposition HRSH  représentait 35,1 % et la catégorie hétérosexuelle 31,6 % des rapports de test positifs pour le VIH chez les personnes âgées de plus de 50 ans.

 

Les hommes représentent le plus de cas de sida déclarés et de rapports de test positifs pour le VIH chez les personnes âgées au Canada : 90,3 % et 82,4 % respectivement.

 

 

 

 

La transmission périnatale du VIH

 

Au Canada, de 1994 à 2006, le taux de prévalence de l’infection à VIH chez les femmes enceintes était d’environ 2 à 9 pour 10 000.

 

La thérapie antirétrovirale est de plus en plus utilisée chez les femmes enceintes séropositives.

 

Le traitement antirétroviral peut réduire radicalement la fréquence de la transmission périnatale du VIH.

 

Toutes les femmes devraient avoir accès à des soins prénataux comportant le dépistage du VIH.

 

 

 

 

L’infection à VIH et le sida chez les peuples autochtones du Canada : un problème toujours préoccupant

 

L’épidémie du VIH/sida au Canada touche de façon disproportionnée les peuples autochtones.

 

Chez les peuples autochtones du Canada, la proportion de nouvelles infections à VIH en 2005 attribuée aux UDI (53 %) s’avérait beaucoup plus élevée que dans l’ensemble de la population canadienne (14 %).

 

Le VIH/sida atteint de manière importante les femmes autochtones. Au cours des années 1998-2006, elles représentaient 48,1 % des rapports de test positifs chez les peuples autochtones en regard de 20,7 % chez les peuples nonautochtones.

 

Les Autochtones sont infectés par le VIH à un âge plus jeune que les non-Autochtones. De 1998 jusqu’à la fin de 2006, presque le tiers (32,4 %) des nouveaux rapports de tests positifs chez les Autochtones représentent des jeunes (âgés < 30 ans) en regard de 21,0 % chez les non-Autochtones.

 

 

 

 

 

Les infections au VIH/sida chez les HRSH (Hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes ) au Canada

 

Au Canada, les HRSH représentent 76,1 % des cas cumulatifs de sida déclarés chez les hommes adultes.

 

Depuis que le dépistage a commencé en 1985, 68,1 % des rapports de test posiifs pour le VIH en ce qui concerne des homes adultes portent sur des HRSH.

 

Le nombre estimé de nouvelles infections à VIH chez les HRSH en 2005 n’a pas diminué et aurait même augmenté légèrement en regard de 2002.

 

 

 

 

Le VIH/sida chez les utilisateurs de drogues par injection (UDI) au Canada

 

Au 31 décembre 2006, 8,0 % des cas cumulatifs de sida chez les adultes et 17,0 % des rapports de tests positifs pour le VIH concernaient des utilisateurs de drogues par injection.

 

Les estimations nationales de 2005 au sujet de l’infection à VIH indiquent que la proportion de nouveaux cas attribués à l’utilisation de drogues par injection a diminué, en passant de 19 % en 2002 à 14 % en 2005.

 

Le nombre estimé de nouveaux cas d’infection à VIH chez les UDI en 2005 (350 à 650) demeure trop élevé.

 

Dans des centres sentinelles du Canada, on a mis en oeuvre un système de surveillance améliorée (I-Track) pour surveiller les comportements à risque associés au VIH, ainsi que la prévalence des infections au VIH et au VHC chez les UDI.

 

 

 

 

Les comportements à risque chez les utilisateurs de drogues par injection au Canada

 

Les données fournies montrent un niveau élevé de comportements à risque (sexuels et relatifs à l’injection de drogues) chez les UDI, ce qui indique que le potentiel de transmission du VIH au sein de ces populations reste important.

 

Le partage d’aiguilles et d’autre matériel d’injection entre les UDI fait preuve d’une tendance décroissante dans diverses villes du Canada.

 

En raison des différences marquees qui existent en ce qui concerne l’injection de drogues et la prevalence du VIH dans diverses villes du Canada, il faut accroître la couverture géographique de la surveillance relative aux comportements à risque chez les UDI.

 

 

 

 

Le VIH/sida au Canada chez les personnes originaires de pays où le VIH est endémique

 

Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique sont surreprésentées dans l’épidémie de VIH/sida au Canada.

 

L’infection à VIH chez les personnes de la sous-catégorie d’exposition VIH-endémique est diagnostiquée à un âge plus jeune que dans les autres sous-catégories d’exposition hétérosexuelle.  Près de 80 % des rapports de test positifs dans cette sous-catégorie se présentent chez des personnes âgées de moins de 40 ans.

 

Le VIH/sida engendre des retombées importantes sur les femmes originaires de pays où le VIH est endémique. Les femmes représentaient 54,2 % des rapports de test positifs attribués à la souscatégorie d’exposition VIH endémique entre les années 1998 et 2006 et 41,8 % des cas de sida au cours de cette même période.

 

 

 

 

La surveillance des souches de VIH-1 au Canada

 

Le Programme canadien de surveillancedes souches et de la résistance aux médicaments ayant trait au VIH (programme SSR) surveille et évalue les souches de VIH et la transmission de la pharmacorésistance chez les personnes au Canada qui ont récemment reçu un diagnostic et qui sont non traitées.

 

Bien que la souche B du VIH-1 continue de prédominer au Canada (88,3 % des échantillons analysés), on a aussi identifié une grande variété de souches autres que B (11,6 % des échantillons analysés).

 

D’après les résultats du programme SSR, la probabilité d’une infection par une souche autre que B était plus grande chez les personnes d’origine africaine ou antillaise, par comparaison aux personnes de race blanche, et plus grande chez les personnes qui ont des relations hétérosexuelles en comparaison des relations sexuelles entre hommes, comme principale exposition au risque.

 

La variation des souches de VIH s’inscrit dans le caractère changeant de l’épidémie de l’infection à VIH au Canada. Il est donc important de mettre en oeuvre une collecte systématique et une analyse des données relatives à la surveillance des souches dans l’ensemble du pays.

 

 

 

 

Résistance primaire aux antirétroviraux contre le VIH au Canada

 

Le Programme canadien de surveillance des souches et de la résistance aux médicaments ayant trait au VIH (programme SSR) surveille et évalue les souches de VIH et la  transmission de la pharmacorésistance chez les personnes au Canada qui ont récemment reçu un diagnostic et qui sont non traitées.

 

Les observations préliminaires du programme SSR qui concernent la résistance aux médicaments anti-VIH dans des cas nouvellement diagnostiqués et non traités au Canada (pharmacorésistence primaire) sont les suivantes :

 

La prévalence générale de la pharmacorésistance primaire à aumoins un antirétroviral est de 9,1 %.

 

La prévalence générale de la multirésistance à deux ou à plusieurs classes d’antirétroviraux s’élève à 1,1 %.

 

On a observé une pharmacorésistance primaire chez les femmes et les hommes de différents groupes d’âge, groupes ethniques et catégories d’exposition, parmi les infections des sous-types A, B, C, D du VIH-1 et du sous-type recombinant et parmi les cas d’infection récents et anciens.

 

La prévalence de la pharmacorésistance primaire est semblable à celle observée dans d’autres pays où le traitement antirétroviral hautement actif est répandu.

 

 

 

 

Le VIH/sida dans les prisons canadiennes

 

La prévalence du VIH chez les détenus des établissements correctionnels au Canada est demeurée à environ 2 % depuis cinq ans.

 

Les estimations récentes sont comme suit : 1,6 % (de sexe masculin) et 2,8 % (de sexe féminin) dans les établissements fédéraux; 2,1 % (de sexe masculin) et 1,8 % (de sexe féminin) dans les établissements provinciaux, et 2,3 % (de sexe masculin) et 8,8 % (de sexe féminin) dans les établissement provinciaux au Québec.

 

L’infection à VIH dans les prisons canadiennes s’associe fortement à des antécédents  d’utilisation de drogues d’injection. Environ un tiers des détenus indiquent avoir des antécédents d’injection de drogues et certains continuent à s’injecter au cours de leur incarcération.

 

Les populations de détenus font état de pratiques sexuelles à risqué élevé au large de la collectivité, comportement qui peut se poursuivre au moment de leur incarcération.

 

 

 

 

Le VIH/sida et les co-infections connexes

 

À cause de voies communes de transmission, d’une fonction immunitaire diminuée et d’une survie accrue suite à des thérapies antirétrovirales très actives, les personnes  infectées au VIH risquent des infections connexes telles l’hépatite C et les infections transmises sexuellement.

 

Une proportion importante des personnes infectées au VIH sont également infectées à l’hépatite C. Parmi ces personnes avec des antécédents d’injection de drogues, la prévalence est de 30 % à 50%.

 

La présence d’une infection transmise sexuellement, telles la syphilis, la blennorragie ou la chlamydia, ne fait qu’augmenter le risque d’une infection à VIH par l’entremise de rapports sexuels.

 

Chez les personnes séropositives pour le VIH, la présence d’une autre infection transmise sexuellement ne fait qu’accroître leur infectivité et risque de transmission de l’infection à VIH.

 

Le VIH constitue le facteur le plus puissant de risque d’une progression l’état actif de l’infection chez les personnes infectées au Mycobacterium tuberculosis et, à l’échelle mondiale, la tuberculose s’avère une des principales causes de décès chez les personnes séropositives.

 

Une approche globale à la prévantion, au dépistage et au traitement a réussi à réduire l’impacte d’une maladie connexe chez les personnes infectées au VIH.

 

 

ACRONYMES/ABBRÉVIATIONS

HRSH - Hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes

OMS - Organisation mondiale de la santé

PES - Programme d’échange de seringues

Sida - Syndrome d’immunodéficience acquise

UDI - Utilisateurs de drogue par injection

VIH - Virus de l’immunodéficience humaine

 

Citation : Agence de la santé publique du Canada. Actualités en épidémiologie sur le VIH/sida, novembre 2007, Division de la surveillance et de l’évaluation des risques, Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, Agence de la santé publique du Canada, 2007

 

CANFAR : mettre fin au VIH/sida grâce à la recherche.

 
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