Les jeunes représentent une petite proportion du nombre
total de cas de VIH et de sida déclarés au Canada. Les personnes qui ont entre 10 et 24 ans
représentent 3,4 % des cas cumulatifs de sida. Pour ce qui est des rapports de test
positifs du VIH, les jeunes de 15 à 19 ans représentent 1,5 % de tous les
rapports. Malgré ces faibles proportions, les données sur les comportements à
risque des jeunes au Canada
montrent les potentialités de transmission du VIH.
Une étude nationale a montré qu’environ 50 % à 60 % des
élèves de 9e et de 11e année pensent qu’un vaccine est disponible pour prévenir
le VIH/ sida. La même enquête a trouvé que 36 % des élèves de 11e année pensent
qu’il existe un traitement contre le VIH/sida.
Les données d’études ciblées montrent que les jeunes de la
rue, les jeunes qui s’injectent des drogues et les jeunes hommes ayant des relations
sexuelles avec d’autres hommes sont particulièrement vulnérables au VIH.
Il faut mettre en oeuvre tout un éventail d’activités de prevention
pour aider à réduire au minimum le risque de transmission du VIH chez les
jeunes.
Le VIH/sida chez les
femmes au Canada
Au Canada,
au 31 décembre 2006, 1 866 cas de sida et 9 569 cas d’infection à VIH avaient
été signalés chez les femmes adultes.
Les femmes représentent une proportion croissante des
rapports de tests positifs pour le VIH au Canada et comptaient 27,8 % des
rapports en 2006.
Les contacts hétérosexuels et l’injection de drogues
constituent les deux principaux facteurs de risque d’infection à VIH chez les
femmes.
Le VIH/sida chez les
personnes âgées au Canada
Au 31 décembre 2006, 12,2 % (2 525) de tous les cas déclarés
de sida étaient survenus chez des personnes de 50 ans ou plus. La proportion des rapports annuels de test positifs pour le
VIH concernant des personnes de 50 ans ou plus a passé de 7,6 % au cours
des années 1985-1998 à 13,8 % en 2006.
Les contacts sexuels constituent le principal facteur de
risque d’infection à VIH chez les personnes âgées au Canada.
En 2006, la catégorie d’exposition HRSH représentait 35,1 % et la catégorie
hétérosexuelle 31,6 % des rapports de test positifs pour le VIH chez les
personnes âgées de plus de 50 ans.
Les hommes représentent le plus de cas de sida déclarés et
de rapports de test positifs pour le VIH chez les personnes âgées au Canada
: 90,3 % et 82,4 % respectivement.
La transmission périnatale du VIH
Au Canada, de 1994 à 2006, le taux de prévalence de
l’infection à VIH chez les femmes enceintes était d’environ 2 à 9 pour 10 000.
La thérapie antirétrovirale est de plus en plus utilisée
chez les femmes enceintes séropositives.
Le traitement antirétroviral peut réduire radicalement la
fréquence de la transmission périnatale du VIH.
Toutes les femmes devraient avoir accès à des soins
prénataux comportant le dépistage du VIH.
L’infection à VIH et
le sida chez les peuples autochtones du Canada : un problème toujours préoccupant
L’épidémie du VIH/sida au Canada
touche de façon disproportionnée les peuples autochtones.
Chez les peuples autochtones du Canada,
la proportion de nouvelles infections à VIH en 2005 attribuée aux UDI (53 %)
s’avérait beaucoup plus élevée que dans l’ensemble de la population canadienne (14 %).
Le VIH/sida atteint de manière importante les femmes
autochtones. Au cours des années 1998-2006, elles représentaient 48,1 % des
rapports de test positifs chez les peuples autochtones en regard de 20,7 % chez
les peuples nonautochtones.
Les Autochtones sont infectés par le VIH à un âge plus jeune
que les non-Autochtones. De 1998 jusqu’à la fin de 2006, presque le tiers (32,4
%) des nouveaux rapports de tests positifs chez les Autochtones représentent des jeunes
(âgés < 30 ans) en regard de 21,0 % chez les non-Autochtones.
Les infections au
VIH/sida chez les HRSH (Hommes qui ont des relations sexuelles avec des
hommes ) au Canada
Au Canada,
les HRSH représentent 76,1 % des cas cumulatifs de sida déclarés chez les
hommes adultes.
Depuis que le dépistage a commencé en 1985, 68,1 % des
rapports de test posiifs pour le VIH en ce qui concerne des homes adultes
portent sur des HRSH.
Le nombre estimé de nouvelles infections à VIH chez les HRSH
en 2005 n’a pas diminué et aurait même augmenté légèrement en regard de 2002.
Le VIH/sida chez les
utilisateurs de drogues par injection (UDI) au Canada
Au 31 décembre 2006, 8,0 % des cas cumulatifs de sida chez
les adultes et 17,0 % des rapports de tests positifs pour le VIH concernaient
des utilisateurs de drogues par injection.
Les estimations nationales de 2005 au sujet de l’infection à
VIH indiquent que la proportion de nouveaux cas attribués à l’utilisation de
drogues par injection a diminué, en passant de 19 % en 2002 à 14 % en 2005.
Le nombre estimé de nouveaux cas d’infection à VIH chez les
UDI en 2005 (350 à 650) demeure trop élevé.
Dans des centres sentinelles du Canada, on a mis en oeuvre
un système de surveillance améliorée (I-Track) pour surveiller les
comportements à risque associés au VIH, ainsi que la prévalence des infections
au VIH et au VHC chez les UDI.
Les comportements à
risque chez les utilisateurs de drogues par injection au Canada
Les données fournies montrent un niveau élevé de
comportements à risque (sexuels et relatifs à l’injection de drogues) chez les
UDI, ce qui indique que le potentiel de transmission du VIH au sein de ces populations reste
important.
Le partage d’aiguilles et d’autre matériel d’injection entre
les UDI fait preuve d’une tendance décroissante dans diverses villes du Canada.
En raison des différences marquees qui existent en ce qui
concerne l’injection de drogues et la prevalence du VIH dans diverses villes du
Canada, il faut accroître la
couverture géographique de la surveillance relative aux comportements à
risque chez les UDI.
Le VIH/sida au Canada
chez les personnes originaires de pays où le VIH est endémique
Les personnes originaires de pays où le VIH est endémique
sont surreprésentées dans l’épidémie de VIH/sida au Canada.
L’infection à VIH chez les personnes de la sous-catégorie
d’exposition VIH-endémique est diagnostiquée à un âge plus jeune que dans les
autres sous-catégories d’exposition hétérosexuelle. Près de 80 % des rapports de test positifs
dans cette sous-catégorie se présentent chez des personnes âgées de moins de 40 ans.
Le VIH/sida engendre des retombées importantes sur les
femmes originaires de pays où le VIH est endémique. Les femmes représentaient
54,2 % des rapports de test positifs attribués à la souscatégorie d’exposition
VIH endémique entre les années 1998 et 2006 et 41,8 % des cas de sida au cours
de cette même période.
La surveillance des
souches de VIH-1 au Canada
Le Programme canadien de surveillancedes souches et de la
résistance aux médicaments ayant trait au VIH (programme SSR) surveille et
évalue les souches de VIH et la transmission de la pharmacorésistance chez les personnes
au Canada qui ont récemment reçu un diagnostic et qui sont non traitées.
Bien que la souche B du VIH-1 continue de prédominer au Canada
(88,3 % des échantillons analysés), on a aussi identifié une grande variété de
souches autres que B (11,6 % des échantillons analysés).
D’après les résultats du programme SSR, la probabilité d’une
infection par une souche autre que B était plus grande chez les personnes
d’origine africaine ou antillaise, par comparaison aux personnes de race
blanche, et plus grande chez les personnes qui ont des relations
hétérosexuelles en comparaison des relations sexuelles entre hommes, comme principale exposition au risque.
La variation des souches de VIH s’inscrit dans le caractère
changeant de l’épidémie de l’infection à VIH au Canada.
Il est donc important de mettre en oeuvre une collecte systématique et une analyse des données relatives à la
surveillance des souches dans l’ensemble du pays.
Résistance primaire
aux antirétroviraux contre le VIH au Canada
Le Programme canadien de surveillance des souches et de la
résistance aux médicaments ayant trait au VIH (programme SSR) surveille et
évalue les souches de VIH et la
transmission de la pharmacorésistance chez les personnes au Canada qui
ont récemment reçu un diagnostic et qui sont non traitées.
Les observations préliminaires du programme SSR qui
concernent la résistance aux médicaments anti-VIH dans des cas nouvellement
diagnostiqués et non traités au Canada
(pharmacorésistence primaire) sont les suivantes :
La prévalence générale
de la pharmacorésistance
primaire à aumoins un antirétroviral
est de 9,1 %.
La prévalence générale
de la multirésistance à deux ou à plusieurs classes
d’antirétroviraux s’élève à 1,1 %.
On a observé une
pharmacorésistance primaire chez les
femmes et les hommes de différents
groupes d’âge, groupes ethniques et
catégories d’exposition, parmi
les infections des sous-types A, B, C, D
du VIH-1 et du sous-type recombinant
et parmi les cas d’infection
récents et anciens.
La prévalence de la pharmacorésistance primaire est
semblable à celle observée dans
d’autres pays où le traitement antirétroviral hautement actif est répandu.
Le VIH/sida dans les
prisons canadiennes
La prévalence du VIH chez les détenus des établissements
correctionnels au Canada
est demeurée à environ 2 % depuis cinq ans.
Les estimations récentes sont comme suit : 1,6 % (de sexe
masculin) et 2,8 % (de sexe féminin) dans les établissements fédéraux; 2,1 % (de sexe
masculin) et 1,8 % (de sexe féminin) dans les établissements provinciaux, et
2,3 % (de sexe masculin) et 8,8 % (de sexe féminin) dans les établissement provinciaux au
Québec.
L’infection à VIH dans les prisons canadiennes s’associe
fortement à des antécédents
d’utilisation de drogues d’injection. Environ un tiers des détenus
indiquent avoir des antécédents d’injection de drogues et certains continuent à
s’injecter au cours de leur incarcération.
Les populations de détenus font état de pratiques sexuelles
à risqué élevé au large de la collectivité, comportement qui peut se poursuivre
au moment de leur incarcération.
Le VIH/sida et les
co-infections connexes
À cause de voies communes de transmission, d’une fonction
immunitaire diminuée et d’une survie accrue suite à des thérapies
antirétrovirales très actives, les personnes
infectées au VIH risquent des infections connexes telles l’hépatite C et
les infections transmises sexuellement.
Une proportion importante des personnes infectées au VIH
sont également infectées à l’hépatite C. Parmi ces personnes avec des
antécédents d’injection de drogues, la prévalence est de 30 % à 50%.
La présence d’une infection transmise sexuellement, telles
la syphilis, la blennorragie ou la chlamydia, ne fait qu’augmenter le risque d’une
infection à VIH par l’entremise de rapports sexuels.
Chez les personnes séropositives pour le VIH, la présence d’une
autre infection transmise sexuellement ne fait qu’accroître leur infectivité et
risque de transmission de l’infection à VIH.
Le VIH constitue le facteur le plus puissant de risque d’une
progression l’état actif de l’infection chez les personnes infectées au
Mycobacterium tuberculosis et, à l’échelle mondiale, la tuberculose s’avère une
des principales causes de décès chez les personnes séropositives.
Une approche globale à la prévantion, au dépistage et au
traitement a réussi à réduire l’impacte d’une maladie connexe chez les
personnes infectées au VIH.
ACRONYMES/ABBRÉVIATIONS
HRSH - Hommes qui
ont des relations sexuelles avec des hommes
OMS -
Organisation mondiale de la santé
PES - Programme
d’échange de seringues
Sida - Syndrome
d’immunodéficience acquise
UDI -
Utilisateurs de drogue par injection
VIH - Virus de
l’immunodéficience humaine
Citation : Agence de la santé publique du Canada. Actualités en épidémiologie sur le VIH/sida, novembre 2007, Division de la surveillance et de l’évaluation des risques, Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, Agence de la santé publique du Canada, 2007
CANFAR : mettre fin au VIH/sida grâce à la recherche.